L’appellation Gevrey-Chambertin

Au coeur de la Côte de Nuits, l’appellation s’étend sur la commune de Gevrey-Chambertin et sur la partie méridionale de celle de Brochon. Le coteau viticole y est profondément entaillé par la Combe Lavaux, dont le rôle viticole est important tant sur la répartition des sols que sur les conditions climatiques locales pour la vigne.

L’appellation Gevrey-Chambertin est aussi grande par sa taille que par sa réputation. La vigne y est cultivée sur plus de cinq cent cinquante hectares. Le pinot noir seul est autorisé dans l’appellation Gevrey, entièrement dédiée aux vins rouges.

Une hiérarchie d’exception


Gevrey-Chambertin affiche un record de premiers et grands crus! La mise en place des appellations en 1936 a attribué à Gevrey-Chambertin neuf des trente-trois grands crus de Bourgogne, et vingt-six premiers crus.


Grand cru :88,4 ha

Gevrey-Chambertin premier cru :85,5 ha

Gevrey-Chambertin village : 360 ha
Répartition des différents niveaux de l’appellation Gevrey-Chambertin

Neuf grands crus:

Ruchottes-Chambertin (3 ha 30 a 37 ca)

Chapelle-Chambertin (5 ha 48 a 53 ca)

Griotte-Chambertin (2 ha 69 a 18 ca)

Charmes-Chambertin (12 ha 24 a 56 ca)

Mazoyères-Chambertin (18 ha 58 a 68 ca)

Latricières-Chambertin (7 ha 35 a 44 ca)

Chambertin-Clos de Bèze (15 ha 39 a 33 ca)

Chambertin (12 ha 90 a 31 ca)

Mazis-Chambertin (9 ha 10 a 34 ca)

Vingt-six Gevrey-Chambertin premiers crus:


La Bossière, La Romanée, Poissenot, Estournelles-Saint-Jacques, Les Cazetiers,
Clos du Chapitre, Clos Saint-Jacques, Champeaux, Petits Cazetiers, Combe
au Moine, Les Goulots, Aux Combottes, Bel-Air, Cherbaudes, Petite Chapelle,
En Ergot, Clos Prieur, La Perrière, Au Closeau, Issarts, Les Corbeaux,
Craipillot, Fonteny, Champonnet.

Carte des appellations de Gevrey-Chambertin

Les grands crus

Chambertin-Clos de Bèze (15 ha 39 a 33 ca)
L’âme du terroir

Sa finesse s’exprime d’emblée, sa complexité est d’une rare intensité, sa race est évidente et sa délicatesse extrême. Les senteurs de cassis, cerise, framboise, réglisse... se bousculent dans nos narines en fête. Sa consistance et sa texture sont royales. Son potentiel de garde est phénoménal. Le Clos de Bèze peut apparaître un peu plus concentré encore que le Chambertin arrivé un peu plus tard sur le devant de la scène... Il est toujours plus accessible dans sa jeunesse, sa finesse s’exprime plus vite, avec cet arôme de cerise exquis qui persiste très longtemps, cette éclatante note de poivre blanc qui souligne une minéralité étincelante.

Chambertin (12 ha 90 a 31 ca)
La race de la puissance

Le Chambertin est célébré depuis plusieurs siècles comme le plus parfait des vins de Bourgogne (abbé Arnoux, 1728; Dr Morelot, 1831; J. Lavalle, 1855; Gaston Roupnel...). La robe est sombre, la plus intense des grands crus de Bourgogne, avec de beaux reflets violine dans sa jeunesse. Le nez révèle un parfum magistral, d’une rare complexité. La texture, comme la souplesse, s’affirme dès l’entrée en bouche. La consistance est éclatante, la longueur exceptionnelle, la minéralité parfaitement ciselée par une belle vivacité. Le Chambertin épouse parfaitement toutes les facettes de son terroir avec une race évidente. Sa vigueur imposante a besoin de nombreuses années pour être domptée et donner toute sa puissance!

Mazis-Chambertin (9 ha 10 a 34 ca)
Le rival du Chambertin

C’est sans doute ce cru qui rivalise le plus, en puissance et en longévité, avec le Chambertin son voisin. Robe dense et intense, éclatante et brillante, nuances aromatiques riches et complexes, accents tanniques bien marqués, sans dureté cependant, c’est un vin opulent, puissant et moelleux à l’équilibre royal. Très consistant et bien structuré, sa typicité est soulignée par des nuances de fruits rouges qui laissent émerger le cuir au vieillissement, la réglisse aussi. Les notes florales sont souvent au rendez-vous, l’églantine en particulier. Quand il est à son apogée, ce grand cru révèle une bouche dense, éclatante et très harmonieuse, de grande origine, magistralement typée.

Chapelle-Chambertin (5 ha 48 a 53 ca)
La grâce dans l’allégresse

Chapelle-Chambertin est l’un des vins les plus sensuel de laBourgogne. Un peu moins de corps qu’en Mazis, Clos de Bèze et Chambertin, certes, mais quelle chair exquise, quelle finesse étonnante, avec ce bouquet d’églantine et de cerise qui persiste longtemps quand la grandeur de l’année s’associe au talent du vigneron! Plus en finesse qu’en puissance, c’est, avec les Ruchottes-Chambertin, le plus «Chambolle» des vins de Gevrey! Beaucoup de complexité, plus en texture qu’en consistance peut-être, mais trèsharmonieux et très long, c’est l’exquise finesse.

Griotte-Chambertin (2 ha 69 a 18 ca)
L’envoûtante sensualité

Vin délicat, les Griotte sont naturellement dotés de tannins, ronds certes, mais compensant admirablement une acidité naturelle moins soutenue qu’en Charmes ou en Chambertin. Tout amateur est séduit par l’équilibre subtil entre tannins, acidité et moelleux qui s’impose dès la jeunesse du vin... et qui invite à le déguster dès sa mise en bouteille.
Mais quel taffetas, quel velours, quelle intensité de saveurs et deparfums en bouche pour celui qui sait patienter.C’est incontestablement un vin d’artiste qui laisse éclore avec les années ces nuances de cerise subtilement compotées, cette exquise touche de violette, cette élégante et inimitable minéralité. Griotte-Chambertin rivalise en richesse et en intensité avec Chambertin et Chambertin-Clos de Bèze, mais arrive à maturité plus rapidement. Son acidité un peu faible est compensée par des tannins intenses et harmonieux.


Ruchottes-Chambertin (3 ha 30 a 37 ca)
La tendresse veloutée

«En haut à droite, tout le long du chemin de la Côte, se succèdent les lieux glorieux entre tous. Voici d’abord les Ruchottes avec leur vin brillant.» Gaston Roupnel emploie le mot juste! Brillant par la robe, brillant également au nez, avec une élégance royale, une finesse exquise, une grande netteté et une belle intensité, brillant en bouche avec une intense persistance, souvent tendrement épicée en finale. Plus en texture et en souplesse qu’en structure, mais avec du gras et du fond, les vins nés en Ruchottes-Chambertin étonnent toujours avec leur bel équilibre.


Charmes-Chambertin (12 ha 24 a 56 ca)
La puissance veloutée

Les vins issus des Charmes sont très colorés, avec de belles nuances bleutées ou violines dans leur jeunesse. On apprécie également leur consistance, leur «rondeur charnue», leur très grande longueur. Plus on monte dans le coteau, plus l’élégance s’affirme, plus la structure est évidente, la viscosité subtile, avec cette vivacité exquise qui égaye à merveille cette texture de Grand! Grande élégance et grande finesse, sont couplées avec des tannins denses. En vieillissant, le bouquet s’affirme avec de beaux accents de violette, de réglisse, de vanille, de grains de café et même de coing. La texture est exquise, veloutée et dense. La persistance aromatique impressionne par son intensité.

Mazoyères-Chambertin (18 ha 58 a 68 ca)
L’élégance de la puissance

Plus on monte dans le coteau, plus la finesse s’impose, plus la
consistance est évidente, plus la souplesse se marie harmonieusement à la vivacité et à la minéralité du vin.
Richesse de constitution, avec une noble consistance, texture veloutée, complexité des arômes, aptitude à la grande garde quand le millésime le permet, les Mazoyères affirment haut et fort leur statut de Grand Cru. Même très tannique quand le millésime le décide, c’est un cru qui reste très élégant avec de belles rondeurs. Il gagne alors en intensité et en longueur. A mettre en cave sans retenue pour une longue garde en grands millésimes!

Latricières-Chambertin (7 ha 35 a 44 ca)
La sublime consistance

C’est un cru qui mêle la grâce à la vigueur, associe la force à la
délicatesse, exhale un bouquet à la complexité inouïe. Il lui faut du temps pour s’assagir et accéder à cette sensation de velours exquise
qui tapisse si harmonieusement nos papilles. Les saveurs sont
remarquablement équilibrées, avec une balance tannins - acidité de grande tenue alliée à une impression de moelleux, plus en longueur qu’en concentration. Dans les grands millésimes, sa race éclatante laisse éclore un bouquet très floral et une minéralité des plus exquises.

Le sommelier

Une entière liberté!
Les mille facettes des vins de Gevrey, reflétant la mosaïque desterroirs dont ils sont issus, la personnalité du millésime et l’empreinte du vigneron, permettent une incroyable gamme d’accords avec des plats de nature et d’origine géographique très variées.
Les grands crus
La puissance, la complexité et la structure des grands crus de Gevrey appelle d’instinct des mets nobles. Le gibier à poil s’impose, mais les vins sauront s’associer avec l’agneau en sauce, le coq au vin, les volailleslaquées et bien sûr l’incontournable côte de boeuf. Les fromagesà croûte lavée se fondront dans la puissance et la persistancearomatique de ces vins.
Température de service : 12 à 14°C pour un vin jeune,
15 à 16°C pour un vin plus mûr.

Les premiers crus

Côte de boeuf, agneau braisé ou en sauce brune, gibier à plumes ou à poil : la gamme des plats accompagnés par un Gevrey-Chambertin premier cru est large. Il faut oser le servir avec un filet de sandre ou un thon à la sauce au vin rouge.
Les premiers crus qui auront su vieillir s’associent parfaitement au gibier.
Le Gevrey-Chambertin premier cru est à l’aise sur tous les fromages de vache et de caractère, incontournables avec les locaux : Epoisses, Ami du Chambertin, Cîteaux.
Température de service : 15 à 16°C

Les villages
La diversité d’arômes et de saveurs en bouche de l’appellationcommunale permet d’infinies variations gastronomiques. Les viandes rouges cuisinées ou grillées, les volailles en sauce, les fromages, seront accompagnées avec talent par un Gevrey-Chambertin village.
Température de service : 15 à 16°C.

Etudes et cartes :
Françoise Vannier-Petit
Photographies :
Françoise Vannier-Petit,
Valérie Huguenot Office de tourisme du canton de Gevrey-Chambertin

Commentaires de dégustation gracieusement fournis par Jacky Rigaux, in «Gevrey-Chambertin, joyau du terroir», Christian Bon et Jacky Rigaux, édition Terres en vues, 2008.
Les accords mets-vins sont extraits de «Le guide des appellations, tout savoir sur les vins de Bourgogne, 74 fiches descriptives», édité par le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB).