Fixin, à l'ombre de Napoléon

Du Moyen Age à la Révolution Française

Dominé par ses deux églises, Saint-Antoine du dixième siècle, et Saint-Martin du quatorzième siècle, le village voit rapidement se développer la culture de la vigne.
Dès le haut Moyen Age, des vignes sur Fixin appartiennent à de puissantes institutions religieuses. Les vignes des lieux-dits Le Chapitre et Les Arvelets sont alors des possessions du chapitre cathédral de Langres.

La création du Clos de la Perrière remonte également au Moyen Age. Un texte de 1197 mentionne la carrière dite de la Perrière comme possession de l’abbaye de Cîteaux. Le cellier (ou ce qui le sera plus tard) devient une propriété de Cîteaux en 1142 par donation du duc de Bourgogne. Les moines ont utilisé les lieux comme hospice pour leurs vieux moines.

Un texte de 1518 décrit précisément la propriété de l’époque.
L’ensemble est alors composé des vignes, d’un jardin clos, de la carrière, d’un ensemble de bâtiments enclos avec deux portes et d’un corps de logis principal constitué de deux ou trois maisons accolées. Différentes caves, le pressoir et une prison sont surmontées par une cuisine et une succession de pièces, dont une chapelle et la «chambre du gouverneur». Comme au Clos de Vougeot, une carrière importante est associée à un domaine viticole cistercien.

Le domaine est vendu en 1622 à Jean Bouhier, membre d’une riche famille bourguignonne, et devient en 1741 la propriété de la famille Lopin de Montmort.

Plus tardivement, une tour, rajoutée en façade, provient d’un immeuble dijonnais détruit au dix-neuvième siècle.

La période moderne

L’appellation Fixin a été marquée par la figure de Claude Noisot (1787-1861), soldat puis capitaine de la garde impériale dans l’armée de Napoléon I. Il a souhaité rendre hommage à l’Empereur en créant le Clos Napoléon.
Le Parc Noisot et sa demeure dominent aujourd’hui encore le village, avec la célèbre statue de Napoléon s’éveillant à l’immortalité par François Rude.
La renommée des vins de Fixin est très vite importante : jusqu’à la fin du dix-huitième siècle, ils ont acquis une réputation égale à ceux de la commune voisine de Gevrey-Chambertin.
En plein dix-neuvième siècle, alors que la production quantitative est la règle, le marquis de Montmort, propriétaire du Clos de la Perrière, a su maintenir une politique qualitative en diminuant le rendement de sa vigne par l’éclaircissement des ceps. Son action est cruciale dans la prise de conscience collective, et permet aux vins de Fixin dès le début du vingtième siècle d’avoir le prestige qu’ils ont actuellement.
En 1855, Jules Lavalle classe le Clos de la Perrière parmi les têtes de cuvée (le plus haut rang). «Ils sont colorés, très spiritueux, et ils ont la vertu de se conserver plus longtemps qu’aucune autre espèce de vin de notre Côte d’Or. En vieillissant, ils acquièrent, comme tous les grands vins de la Côte de Gevrey, le bouquet qui fait l’agrément des vins de Bourgogne, et les place à la tête des vins du monde entier. Le marquis de Montmort vendait habituellement ses vins au même prix que le Chambertin.»
Ce sont les gros domaines, par leur travail de mise en valeur des meilleurs crus, qui ont facilité l’implantation des premiers crus, obtenus avec l’appellation Fixin Village en 1936 lors de la mise en place des appellations.
Basée sur une longue tradition viticole qui lui a permis de définir précisément ses terroirs, l’appellation Fixin, à l’aube de ce troisième millénaire, est résolument tournée vers l’avenir.


Etudes et cartes :
Françoise Vannier-Petit
Photographies :
Françoise Vannier-Petit,
Valérie Huguenot Office de tourisme du canton de Gevrey-Chambertin